Version 1 – Votre jeune est AU BOUT DU FIL ?

Au premier contact avec votre enfant durant sa fugue, vous serez appelé-e à vivre une foule d’émotions tout autant qu’à devoir adopter certaines attitudes et comportements ayant un impact significatif pour le retour de votre enfant.

Cette section propose des clés et conseils permettant de mieux vous préparer à l’éventualité de ce contact. Bien qu’il n’existe pas de solutions fabriquées sur mesure pour chaque situation, ces informations souhaitent vous permettre de mieux agir pour votre bien-être et celui de votre enfant.

D’abord éviter les préjugés

Il est normal que vous imaginiez différentes situations dans lesquelles se trouve votre enfant. Cependant, il peut être utile d’éviter de tirer trop rapidement des conclusions et de garder en mémoire que les scénarios suivants ne sont pas nécessairement ceux auxquels est confronté votre enfant. Voici quelques unes des idées envisagées qui peuvent être des conclusions tirées trop rapidement et qui peuvent nuire à la qualité de votre intervention avec lui lors d’un appel.

  • Mon jeune est avec une gang de rue, est un délinquant
  • Mon jeune est exploité sexuellement
  • Mon jeune consomme, ou est dans le trafic de stupéfiants … 
  • ‘’Si j’envoie de l’argent, mon jeune va l’utiliser pour consommer…’’
  • ‘’Si je coupe les vivres, mon enfant va revenir’’

Il y a aussi les préjugés de votre enfant, notamment que son retour sera accompagné de honte, reproche, culpabilité voire punition. De plus, certains jeunes imaginent que tout l’entourage est au courant de la fugue et s’inquiètent de leur capacité à faire face au jugement de la famille, des amis ainsi que des pairs.

Attitude à adopter en tant que parent

  • Se montrer réjoui et rassuré de recevoir cet appel;
  • Choisir un ton et un vocabulaire calme, rassurant et empathique;
  • Demeurer authentique et honnête, tout autant dans ses émotions que dans les engagements pris envers votre enfant;
  • Favoriser le bien-être de mon enfant en priorisant les gestes qui respecte cet objectif (besoin de nourriture, médication, vêtements, etc…);
  • Rassurer l’enfant face à nos propres émotions, c’est-à-dire lui faire savoir que nous souhaitons adresser avec quiétude la situation, en faisant abstraction de colère, frustration et culpabilité;
  • Désirer comprendre ce que vit notre enfant, ses motivations, ses craintes et ses espoirs;
  • Reconnaître, puis donner un certain pouvoir au jeune en regard des pistes de solutions visant à favoriser son retour.

Garder en mémoire que …

  • Si l’enfant appelle c’est qu’il a besoin d’être rassuré.
  • Ce qui est important, d’abord, est de rassurer l’enfant bien avant de se rassurer soi-même;
  • Reconnaître le caractère unique de notre enfant, sa personnalité propre ainsi que les défis et émotions qui le caractérisent.
  • Vous souhaitez d’abord et avant tout maintenir ou recréer le lien ;
  • S’assurer, tout au long de la conversation, de demeurer ouvert, attentif et respectueux
  •  « si votre jeune vous demande de l’argent » – peut-être envisager des cartes-cadeaux « bouffe, etc » – une façon de démontrer le caring et le souhait de mettre en sécurité, qu’on veut qu’il mange… parler des ressources communautaires, le parent peut donner des ressources au jeune… « je comprends que tu ne souhaites pas revenir, mais tu peux aller ver
  •  « si votre jeune vous demande de l’argent » – peut-être envisager des cartes-cadeaux « bouffe, etc » – une façon de démontrer le caring et le souhait de mettre en sécurité, qu’on veut qu’il mange… parler des ressources communautaires, le parent peut donner des ressources au jeune… « je comprends que tu ne souhaites pas revenir, mais tu peux aller ver
  • ne faut pas négliger le facteur traumatique d’une fugue.
  • Rare qu’un jeune pense à la fugue comme première solution. Plusieurs autres choses ont été envisagées avant.
  • besoin de sommeil ? sevrage ? “tu as besoin de parler
  • Penser au besoin de dormir, douche, manger, les besoins primaires non-comblés durant la fugue.
  • démontrer notre capacité de répondre à ces besoins, qu’il-elle se trouve mieux dans ce milieu sécuritaire qui répond aux besoins de base qu’en fugue. (les besoins de bases non-comblés sont souvent les raisons du retour

Pièges à éviter

  • éviter de faire grimper les défensives ou de braquer le jeune par vos propos;
  • Éviter la confrontation. Exprimer des blâmes, reproches ou tenter de culpabiliser l’enfant ne fera qu’amener le jeune à se braquer;
  • Éviter de présumer ou d’attribuer des raisons ou comportements justifiant la fugue; Attendez que l’enfant les nomme à sa façon;
  • Soyez à l’affut d’indices plutôt que de demander directement « tu es où? »… vous pourriez éveiller sa méfiance et nuire à votre souhait de localiser rapidement l’enfant;
  • Si vous proposez des engagements pour son retour, des changements, assurez-vous que ce soit réaliste et sincère de votre part. Faire miroiter une nouvelle situation qui ne se manifesterait pas à son retour ne fera qu’entraver le lien de confiance avec l’enfant;
  • Demeurer dans des émotions et sentiments contre-productifs : “Quand il va revenir il va en manger une… je peux pas croire qu’il-elle me fasse vivre ça, j’ai tellement investi”; 
  • Éviter que trop de gens de la familles, de l’entourage du jeune, s’impliquent.
  • S’autodésigner comme l’interlocuteur valable et de confiance pour notre enfant. 
  • Prétendre connaître la réalité et les défis de nos enfants. 
  • Éviter que la fugue devienne la trame de fond de la relation parent/enfant. Que ça n’entache pas la relation.

au retour du jeune …